Le sujet de l’engagement et de la valeur sociétale créée par l’entreprise est de plus en plus pris en compte, considéré comme une composante essentielle de la réussite entrepreneuriale. Le mécénat est intégré dans cette stratégie d’engagement. La diversification de ses formes et son intégration de plus en plus claire dans la mesure des impacts de l’entreprise lui confèrent une nouvelle place. Sans être obligatoire, il devient cependant nécessaire pour l’entreprise engagée.
Des budgets qui continuent d’augmenter malgré le contexte économique
Un budget stable ou croissant ces derniers mois
Le budget des entités de mécénat provient aux trois quarts de l’abondement de l’entreprise. Les autres leviers, comme les revenus de la dotation, les revenus d’activité, le dividende sociétal ou les produits solidaires par exemple, sont utilisés de façon plus marginale. Le budget augmente ou reste stable dans la grande majorité des cas ces deux dernières années (cf. tendance 2). La communication renforcée sur les actions a sans doute un impact sur l’augmentation des budgets, qui est régulière depuis plusieurs années, et ce malgré la crise économique.
Des frais de fonctionnement limités pour la structure
En moyenne, 10 % au plus du budget des entités de mécénat que nous avons interrogées est alloué à leur fonctionnement. Loin d’être un signal négatif, ce chiffre révèle que les frais de fonctionnement des entités de mécénat semblent être compris dans les budgets globaux de l’entreprise. La part déclarée (et donc défiscalisée) par les entreprises pour leur mécénat étant ainsi très majoritairement dévolue au soutien des porteurs de projet.
Une stratégie articulée avec celle de l’entreprise
82 % des répondants articulent leur stratégie de mécénat à celle de leur entreprise ou de leur groupe. Cela peut se faire par le biais de réunions entre directions, de groupes de travail ou de réunions du comité exécutif (Comex).
Une convergence des sujets d’engagement au plus haut niveau de l’entreprise
L’organisation des entités de mécénat révèle aussi l’importance qu’elles revêtent pour les entreprises. La présidence de 64 % d’entre elles est assurée par le président du groupe ou un membre du Comex : elle est donc incarnée au plus haut niveau stratégique de l’entreprise. Il peut aussi s’agir d’actionnaires ou d’administrateurs, du président d’honneur ou de membres d’autres directions, soit des personnalités importantes de l’entreprise.
65 % des structures interrogées sont par ailleurs sous la direction d’un membre du Comex. Dans 34 % des cas, c’est la présidence ou la direction générale qui a la responsabilité de chapeauter l’ensemble de l’engagement de l’entité de mécénat. Il s’agit aussi souvent de la direction RSE ou du secrétariat général, très présent dans les réponses « Autre ». Le rattachement à la direction de la communication (14 % des cas) est aussi significatif : les actions de mécénat, concrètes, constituent un sujet évocateur pour le grand public et permettent de communiquer plus généralement sur l’engagement de l’entreprise, par rapport à des données plus techniques comme les indicateurs CSRD. De façon plus globale, dans 84 % des cas, l’entité de mécénat a une place dédiée dans un rapport ou un outil de communication de l’entreprise ou du groupe.
Un rôle plus important dans l’entreprise
À noter également, 18 % des entités de mécénat disent qu’un changement de leur place ou de leur rôle a eu lieu au sein de l’entreprise ces deux dernières années. Lorsque c’est le cas, il s’agit souvent d’un changement stratégique pour inscrire les actions de mécénat au cœur de la stratégie d’entreprise.
Un outil d’impact pour les entreprises
Une part essentielle de la stratégie d’engagement
55 % des structures interrogées indiquent que leur raison d’être est en lien ou est identique à celle de l’entreprise de rattachement. Cela montre une très grande cohérence entre la stratégie de l’entreprise et l’entité de mécénat : la raison d’être est le premier jalon d’une démarche d’engagement de l’entreprise.
Lorsque la raison d’être de l’entité de mécénat est différente de celle de l’entreprise ou du groupe, elle ne diverge pas de la stratégie de l’entreprise mais l’incarne plutôt différemment, dans sa dimension d’intérêt général.
Le mécénat associé à la mesure d’impact
En outre, la plupart des structures répondantes (59 %) mesurent l’impact de leur entité de mécénat, soit en interne (39 %), soit par un tiers extérieur (20 %). 79 % ne publient pas de rapport d’impact spécifique de leur entité de mécénat, mais 76 % sont associés à la mesure d’impact de l’entreprise ou de leur groupe. Cela montre aussi son rattachement à une stratégie plus globale d’engagement.
À noter cependant, 24 % des répondants ne sont pas associés à la mesure d’impact de leur entreprise ou de leur groupe de rattachement.
Quelles tendances à 2030 ?
Un engagement intégré de façon systémique au cœur de la stratégie de l’entreprise
Cette quatrième tendance englobe toutes les projections à 2030 des trois autres :
- Elles impliquent de plus en plus de ressources clés dans l’entreprise : les collaborateurs et le savoir-faire.
- Elles intensifient le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes.
- De plus en plus d’entreprises rattachent progressivement leur mécénat à leur stratégie globale d’engagement.
En effet, ensemble, elles permettent de penser que demain, l’engagement de l’entreprise sera aussi stratégique que le déploiement de son activité.
De manière générale, les entreprises cherchent à renforcer leurs impacts et elles sont de plus en plus conscientes du rôle que le mécénat a à y jouer.
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