La grande transmission est en marche. D’ici 2040, la moitié du patrimoine des Français va changer de main : 9 000 milliards d’euros, soit 677 milliards par an (Fondation Jean-Jaurès, novembre 2024). Les baby-boomers, qui détiennent un patrimoine privé sans équivalent dans l’histoire, commencent à le transmettre.
Chez Equanity, nous travaillons à transformer ce mouvement en opportunité, des deux côtés. Pour les entreprises et les détenteurs de patrimoine, en faisant de leur réussite un levier d’engagement : partager une part de leurs bénéfices, ancrer leurs valeurs dans leur capital, orienter une cession vers l’intérêt général. Pour les acteurs de l’intérêt général, en les aidant à capter cette valeur créée et à la transformer en action concrète. Depuis 15 ans, nous sommes les architectes des passerelles entre ces deux interlocuteurs co-dépendants.
Pourquoi le partage de la valeur se pose maintenant
Dans nos travaux d’intelligence collective, nous captons les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent évidents. Celui-ci, nous le voyons monter depuis longtemps : la grande transmission ne profitera à l’intérêt général que si l’on sait connecter deux mondes qui se parlent trop peu, l’économie et l’engagement.
Le contexte rend le sujet urgent. Les coupes budgétaires fragilisent des associations qui portent la cohésion du pays, tandis que la valeur créée par les entreprises est de plus en plus scrutée et taxée, sans que la redistribution suive. Les chiffres ajoutent à la pression : la fortune héritée représente 60 % du patrimoine national, contre 35 % dans les années 1970 (Conseil d’analyse économique), au point que la France serait « redevenue une société d’héritiers », selon la philosophe Mélanie Plouviez.
La légitimité de la richesse, héritée ou créée, est devenue un sujet en soi : le partage de la valeur n’est plus un supplément d’âme, c’est une question stratégique.
Partager la valeur, c’est d’abord partager des valeurs
Ce qui se joue dans la grande transmission n’est pas seulement le partage de la valeur au sens comptable, mais le partage des valeurs au sens large. Transmettre un patrimoine ou une entreprise, c’est aussi transmettre une vision et une responsabilité. Le partage de la valeur cesse alors d’être une contrainte fiscale pour devenir un choix : faire de sa réussite économique le point de départ d’autre chose. Au sein même d’une entreprise qui ne se transmet pas, plusieurs valeurs sont créées et partagées.
Quatre mécanismes pour partager la valeur autrement
Il n’existe pas un outil unique, mais une palette adaptée à chaque profil et niveau d’ambition. Quatre mécanismes méritent aujourd’hui l’attention, parce qu’ils sont émergents ou puissants mais sous-exploités.
Le dividende sociétal. Une entreprise redistribue volontairement une part de ses bénéfices à l’ensemble de ses parties prenantes (associations, acteurs de l’impact, territoires), souvent en indexant un pourcentage de son résultat net sur des causes choisies avec ses équipes. Le dispositif progresse avec le statut d’entreprise à mission issu de la loi PACTE. Aucun texte ne l’encadre : tout se joue dans la logique statutaire et la sincérité de la démarche.
Le Crédit Mutuel et la MAIF restent les deux exemples les mieux connus car les plus emblématiques à date. Lors des Université d’Été de l’Économie de Demain (UED) en août 2025, Sarah Huisman-Coridian, présidente fondatrice d’Equanity a animé un dialogue entre Pascal Demurger et Daniel Baal sur le sujet.
La fondation actionnaire. L’entreprise loge tout ou partie de son capital dans une structure philanthropique, souvent un fonds de dotation, qui devient actionnaire de référence. Les valeurs fondatrices sont pérennisées, les dividendes orientés vers l’intérêt général, l’entreprise protégée des prises de contrôle hostiles. NAOS l’a fait via un fonds de dotation actionnaire ; les Laboratoires Pierre Fabre sont détenus à près de 86 % par leur fondation reconnue d’utilité publique.
Modèle venu des pays nordiques (Lego, IKEA sont des exemples emblématiques), il connait un engouement particulier bien que limité. Dans l’intérêt général aussi ce modèle peut exister : nous avons accompagné la Fondation Mozaïk a émerger dans cette logique de lien fort avec la SAS de recrutement RH.
Le dispositif 150-0 B ter, ou « apport-cession ». Un des dispositifs le plus sous-exploité du droit français. Quand un entrepreneur apporte les titres de sa société à une holding qu’il contrôle, puis que celle-ci les cède, la plus-value bénéficie d’un report d’imposition, à condition de réemployer 70 % du produit dans des actifs éligibles sous trois ans. Or une structure associative ou de l’ESS exerçant une activité économique réelle peut en être bénéficiaire : le 150-0 B ter finance alors ce que le mécénat couvre mal, les actifs productifs (locaux, équipements, immobilier d’accueil). Contrairement à une idée reçue, il n’est pas réservé aux fonds d’investissement. C’est une formidable opportunité pour des entrepreneurs qui veulent s’investir à leur façon : au moment de céder ce qu’ils ont construit, ils décident qu’une part de cette valeur ira nourrir un projet qui les dépasse. Sa technicité impose un accompagnement juridique et fiscal solide.
Un modèle dont pourraient bénéficier plusieurs acteurs de l’intérêt générale en pleine croissance, formidable incarnation des liens entre entrepreneurs – qu’ils soient “classiques” ou de l’impact.
Le mécénat structuré. L’outil le plus connu, avec des avantages fiscaux significatifs, mais souvent bridé par une approche trop transactionnelle. Le mécénat devient structurant quand il dépasse le chèque annuel — co-construction, apport de compétences, mobilisation de réseaux — et crée alors de la valeur pour l’association comme pour le mécène.
Ce que, chez Equanity, nous accompagnons au quotidien auprès de nos clients comme Egis, Coopérative Immobilière de Bretagne ou encore la fondation Club Med.
Ces leviers ne s’excluent pas : ils se combinent selon le profil et les convictions de chaque dirigeant. Mais cette richesse d’options a un revers : ces dispositifs ressemblent vite à une jungle.
Le rôle d’Equanity : architecte des passerelles entre secteur privé et intérêt général
Ces mécanismes ne créent de la valeur partagée que si les entreprises savent les actionner et si les associations savent s’en saisir. Equanity travaille sur les deux versants.
Côté entreprises et détenteurs de patrimoine, le risque est de mal choisir, ou de bien choisir mais de mal structurer. Nous aidons les dirigeants à partir de leur intention — ancrer des valeurs, préparer une transmission, donner du sens à une cession — avant de choisir le levier. Comme toujours, la conviction d’abord, la stratégie ensuite, les leviers en dernier.
Nous accompagnons des entrepreneurs à l’aune de leur exit ou dans des phases de transition à trouver la bonne thèse d’investissement philanthropique au service de leurs ambitions d’impact.
Côté associations, beaucoup ignorent comment combiner ces leviers, ou qu’elles pourraient bénéficier d’un apport-cession. Nous les aidons à se repérer, à qualifier leur éligibilité et à se rendre lisibles auprès des entreprises, pour que ces mécanismes financent vraiment leur action.
Entre l’investisseur qui veut bien faire et l’association qui a un besoin réel, il manque souvent un traducteur capable de parler les deux langues. C’est ce pont que nous incarnons.
La grande transmission profitera à ceux qui se structurent et construisent une stratégie de développement ad hoc
Neuf mille milliards d’euros vont changer de main, mais ils ne ruisselleront pas spontanément vers l’intérêt général. Cette valeur ira vers les projets que des entreprises et des investisseurs auront choisi de soutenir, et vers les associations qui auront su se rendre visibles et éligibles.
Les quatre mécanismes présentés ici sont les plus évidents, mais loin d’être les seuls : le droit français en regorge. Ils se cumulent souvent, mais ne conviennent pas à tout le monde, et le bon montage dépend chaque fois d’une situation. Conscients de la finesse de ces sujets, nous les abordons au cas par cas.
Dirigeant, investisseur ou porteur d’un projet d’intérêt général : vous souhaitez explorer les mécanismes adaptés à votre situation ?






